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Transparence
L'événement : Transparency International (TI), vient de classer
la Tunisie dans le groupe de tête des pays qui pratiquent un financement sain et
transparent de leur processus de mise en œuvre de développement. Dans son
rapport annuel pour 2004 sur « la corruption politique » et préfacé par l'ancien
président américain Jimmy Carter, Transparency International, ONG basée à Berlin
et spécialisée dans la lutte contre la corruption dresse un bilan des mouvements
des capitaux usurpés, propose des stratégies pour recouvrer l'argent détourné et
propose de nouvelles normes pour le financement et les faveurs politiques. Le
rapport utilise trois critères pour évaluer le degré de corruption des régimes
politiques.
La Tunisie dans le groupe des pays les
mieux gouvernés
Le premier a trait à "l'influence des flux financiers
sur les décisions gouvernementales". La Tunisie se classe parmi les 28 premiers
pays sur un total de 102. Dans ce groupe de tête, outre la Tunisie, figurent
aussi la France, les Etats-Unis, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la Norvège, la
Suède et la Finlande. La Jordanie est le seul pays arabe à figurer avec la
Tunisie dans ce peloton.
Le deuxième critère concerne les flux financiers illégaux à des
milieux politiques. Là aussi la Tunisie se distingue en se classant parmi les 18
premiers.
Quant au 3ème critère, il concerne « les effets lobbying sur
les prises de décisions ». Là aussi, la Tunisie réalise un bon score en se
positionnant dans le groupe de tête des 11 pays les mieux classés sur 102.
Transparency International se réfère à trois échelles variant
de 1à 5 pour apprécier la bonne ou la mauvaise gouvernance : 5 et plus, 3 à 5 et
moins de 3.
La Tunisie se trouve dans la première échelle. Selon le
rapport de Transparency International, le financement illicite de partis et de
candidats politiques s'est trouvé au centre d'un grand nombre de scandales au
cours des dernières années.
Dans cette optique, le rapport recommande qu'on exige davantage
d'intégrité et de responsabilité des administrations publiques, que les
multinationales renoncent aux pots-de-vin et qu'on mette fin au placement
d'avoirs volés dans des comptes en banques à l'étranger.
Afin d'encourager la bonne gouvernance, les institutions
multilatérales et les gouvernements donateurs doivent accorder la priorité aux
Etats du Tiers-monde qui se distinguent par la mise en place de mécanismes
destinés à dissuader la corruption.
Les normes de TI suggèrent une législation sur les conflits
d'intérêt, ainsi que la surveillance indépendante et annuelle des recettes et
dépenses des partis politiques. Parmi les recommandations figurent entre autres
la diversification des sources de financements, l'accès équitable aux médias et
des dispositions sur le contrôle que doivent exercer les organisations de la
société civile dans le cadre du suivi des lois sur les financements
politiques.
Pour le cas de la Tunisie, ce classement
fort positif constitue, de toute évidence, un témoignage positif sur
l'environnement politique en Tunisie. Il vient améliorer le climat des affaires
en Tunisie et récompenser les efforts déployés qui ont permis de conférer à la
gestion du pays la transparence requise.
Ce bon score en matière de transparence politique ne peut
qu'enrichir les performances accomplies dans le domaine économique à la faveur
de la mise en place de mécanismes favorisant la bonne gestion des deniers
publics.
Parmi ces mécanismes, il y a lieu de citer l'adoption par la
Banque centrale de la Norme spéciale de diffusion des données (NSDD), la
publication périodique et régulière des indicateurs de développement du pays et
l'adoption des règles prudentielles par les banques. Par ailleurs, la Tunisie
est l'un des rares pays à avoir adhéré aux normes de surveillance et de
diffusion des données de la Banque mondiale.
L'ensemble de ces dispositifs a permis à la Tunisie de réaliser
un bon classement dans le rapport mondial de Davos sur la compétitivité
macroéconomique et microéconomique et d'améliorer la signature de la Tunisie sur
le marché financier international privé. Il y a là un signal et un message forts
à l’adresse des investisseurs étrangers en faveur du site tunisien. Ils y
trouveront toutes les conditions de sécurité de leurs investissements, une
parfaite visibilité et la sérénité du climat des affaires propres au
développement de leurs activités.
B.K. |