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«L’entreprise, compétitivité et investissement » : un thème d’une
brûlante actualité abordé par l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) au
cours des journées de l’entreprise dans leur 19ème édition. Le séminaire, qui a
réuni plus de 400 participants, est devenu, au fil des années, un rendez-vous
incontournable pour les principaux acteurs
socio-politico-economico-universitaires. L’ouverture officielle des journées
a été présidée par M. Mohamed Nouri Jouini, ministre du Développement et de la
Coopération internationale qui a donné lecture du discours du Chef de l’Etat. Il
a souligné toute l’importance des thèmes évoqués à savoir la compétitivité et
l’investissement et leur impact sur la croissance économique, l’emploi, la
stabilité économique et sociale du pays. Muscler nos entreprises est le principal
leitmotiv Muscler nos entreprises est le principal leitmotiv,
sachant que le tissu économique de la Tunisie est composé essentiellement de PME
qui représentent 97% du total des entreprises; celles-ci sont, en fait, le socle
du développement. Le message est clair: nous sommes dans l’obligation
d’améliorer l’environnement de l’entreprise, de construire la société du savoir,
d’intensifier le rythme de création d’entreprises et de mobiliser les moyens de
financement nécessaires. M. Taoufik Baccar, gouverneur de la Banque centrale
a présidé les travaux de la première séance qui ont traité le thème:
l’entreprise et l’investissement «un thème qui figure en bon rang dans le
programme d’avenir du Chef de l’Etat», a souligné le gouverneur de la BCT.
Il s’est dit serein quant à la progression de l’investissement global qui
représente plus de 23% du PIB. Quant à l’évolution respective de
l’investissement privé et public, la part du privé peine à dépasser celle du
public, moins par défaut d’investissement privé que par excès d’investissement
public sans compter bien sûr les effets des intempéries de l’économie mondiale.
Le Doyen de la faculté des sciences économiques et de gestion de Tunis, M.
Mohamed Haddar a indiqué que, malgré l’importance accordée à l’investissement
privé; celui-ci demeure relativement faible par rapport aux normes
internationales. Le professeur a fait remarquer une dégradation au niveau de
l’investissement, pour le 1er trimestre 2004, relatif à certains secteurs tels
ceux du textile et du tourisme. Ceci peut être expliqué, selon lui, d’une part
par le démantèlement des accords multifibres et d’autre part, par les
menaces d’insécurité qui agitent le monde et qui peuvent ralentir le trafic
touristique entre les pays. Toutefois, le professeur qui a salué les efforts
remarquables grâce à la mise en place de stratégies claires et
transparentes de nature à stimuler l’investissement privé et accroître son
efficacité. Seul bémol, le système financier reste dominé par le secteur
bancaire, ce qui explique, d’ailleurs, la cherté du coût du crédit par rapport
aux normes internationales. Selon l’universitaire, l’accès au crédit demeure un
obstacle pour l’investissement avant même la gouvernance. Ce qui, bien sûr,
n’est pas de l’avis des banquiers présents en grand nombre : M. Fayçail Derbel,
expert-comptable s’est penché pour sa part sur le programme de modernisation
industrielle au motif d’améliorer l’investissement et la compétitivité qui
s’inscrit dans le cadre de la politique de mise à niveau des
entreprises. Jusqu’au mois de septembre 2004, 2087 entreprises ont bénéficié
de ce programme et 1210 dossiers sont en cours d’étude avec 3070 MD
d’investissement de mise à niveau effectivement réalisés et 31 MD de primes
accordés. Le programme est considéré par plusieurs pays comme un modèle réussi
en matière de modernisation industrielle afin de relever les défis de la
mondialisation...
L’ÉCONOMISTE Maghrébin • N° 380 du 08/12 au
22/12/2004 |