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Pourquoi les entreprises tunisiennes boudent-elles encore la Bourse? Faut-il attribuer cela à la conjoncture boursière difficile des dernières années? Constat.
L’avantage fiscal n’est pas éternel: expirationà l’horizon de février 2005
Faut-il rappeler que les incitations fiscales accordées aux sociétés qui s’introduisent en Bourse datent du début de l’année 2000 (réduction de 40% du taux de l’IS) suite à la promulgation de la loi 99-92 du mois d’août 1999 relative à la relance du marché financier. Par cette loi, les pouvoirs publics ont voulu apporter une certaine dynamique au marché boursier en agissant sur ses deux composantes essentielles, à savoir l’offre et la demande de titres. En effet, sur le plan de l’offre, le nombre de sociétés cotées reste limité à 45 sociétés pour une capitalisation boursière d’environ 2 976 millions de dinars au 31 décembre 2003, représentant environ 12% du PIB. A côté de cette faiblesse quantitative, la cote de la Bourse est à dominante financière. Les plus grandes capitalisations boursières relèvent du secteur bancaire et la cote est à plus de 50% formée de sociétés du secteur financier (banques, assurances, leasing et sociétés d’investissement). En dépit des efforts de diversification de la cote, plusieurs secteurs importants sont hors de la Bourse : les cimenteries, l’énergie, les télécoms, le textile, le tourisme, l’agriculture et l’informatique. Hormis la compagnie Tunisair, le programme d’ouverture du capital des entreprises publiques a porté notamment sur des petites capitalisations.
L’intégration de l’avantage fiscal n’a pas dopé comme il se doit le rythme des introductions. La bonne conjoncture boursière de l’année 1999, coïncidant avec l’annonce de cet avantage n’a pas rejailli sur l’année qui a suivi. L’année 2000 a été stérile en termes d’introduction. Les années 2001, 2002 et 2003 n’étaient pas plus brillantes (voir graphique).
La morosité qui a frappé les marchés financiers partout dans le monde à partir de l’année 2000 suite au dégonflement de la bulle financière des valeurs technologiques et les différents scandales financiers annoncés aux Etats-Unis, en France et ailleurs a provoqué une crise de confiance profonde et la désertion des marchés financiers. Conséquence, les introductions en Bourse ont baissé pratiquement dans tous les marchés.
Conscients de ce nouvel état des marchés, les émetteurs ont préféré jouer à l’attentisme plutôt que de dévaluer leur actif. Cette psychose a-t-elle touché le marché tunisien ?
La contagion ne s’est pas fait trop attendre, puisque les émetteurs cotés ont connu pour leur grande majorité une descente aux enfers en 2001 et 2002. Et le rythme des introductions s’en est ressenti.
Quelles sont les perspectives des entrées
en Bourse ?
L’avantage fiscal accordé aux sociétés qui s’introduisent en Bourse n’est pas éternel et expire au mois de février 2005. Dépassée cette date, l’entrée de nouvelles candidates à la Bourse se fera sans la pompe fiscale.
Le Xème Plan a accordé une place de choix au financement de l’économie par le biais du marché financier. En effet, sa contribution devrait atteindre 20% à la fin du plan contre moins de 5% actuellement. Plusieurs mesures ont été prises pour passer à cette nouvelle performance en balançant une bonne partie de l’économie à la Bourse. L’arme des pouvoirs publics a été cette fois-ci du coté de la demande, mais elle est toujours fiscale. Le jeu vaut la chandelle : l’objectif est le financement des entreprises.
Il s’agit de transformer l’argent dormant en investissement fertile. Et l’Etat a choisi de soutenir encore une fois l’investissement en actions, car nos entreprises manquent de fonds propres. L’année 2003 a confirmé la reprise de la Bourse.
La loi de finances 2004 contient des dispositions révolutionnaires pour les épargnants en actions. Ceux qui déposent leur épargne dans des comptes épargne en actions bénéficieront d’une déduction totale des sommes investies dans la limite de 20.000 dinars de l’assiette de l’impôt sur le revenu. Cet avantage concerne les personnes physiques salariées et celles de la profession libérale.
Cette nouvelle demande qui émanera de ces comptes constituera une source potentielle non négociable pour nos entreprises et une bouffée d’oxygène pour réussir les éventuelles introductions. Pour enrichir la cote, les pouvoirs publics devraient aussi accélérer le programme d’ouverture des entreprises publiques à travers la Bourse en mettant sur le marché de grandes capitalisations de bonne qualité. Du côté privé, la Bourse ne peut qu’apporter des solutions stratégiques pour la survie et le développement des entreprises. L’on doit surtout encourager les introductions de sociétés où les dirigeants s’impliquent encore plus dans la société et éviter ceux qui cherchent à tirer profit et par conséquent à se désengager de l’affaire et laisser une coquille qui peut s’avérer par la suite vide.
La sécurité financière, socle de la confiance dans le marché et dans les entreprises est une condition nécessaire pour le développement de l’investissement en actions. Les pouvoirs publics en ont fait leur cheval de bataille, une loi sur la sécurité financière sera promulguée prochainement, elle devrait accroître l’attractivité de la place.
Il n’est jamais trop tard, entreprises et épargnants disposent aujourd’hui d’un cadre des plus favorables pour se réconcilier avec la Bourse comme l’annonce le placard publicitaire de la
Bourse. K.J
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